Comment échapper à la canicule ?
Un numéro spéciale grosses chaleurs.
Bon. Je ne vais pas vous étonner en vous confiant que mon appartement s’est transformé en sauna et qu’il me faut plusieurs litres d’eau par jour pour survivre. Je le sais, vous aussi vous avez chaud.
Et vous le savez, la méditation faisant partie intégrante de ma vie, je me suis demandé comment elle pouvait nos aider en cette période de canicule.
Une fenêtre ouverte
Vous aussi vous êtes plus impatients en ce moment ? Vous êtes fatigués dès le matin ? Vous vous énervez plus vite ou vous avez du mal à trouver vos mots ? Ne vous inquiétez pas, c’est complètement normal. Votre corps est en train de réagir aux conditions dans lesquelles nous vivons en ce moment.
À partir de 25-26 degrés à l’intérieur, la mémoire, la concentration et la prise de décision commencent à se dégrader. Et à vrai dire vous n’y pouvez pas grand-chose, c’est purement physiologique.
Idem pour nos relations avec les autres. D’habitude, le bruit que fait le voisin en fin de journée, les demandes incessantes des enfants, on arrive à les gérer, mais avec la chaleur, tout est amplifié. Notre capacité à réguler nos émotions et nos ressentis fond aussi rapidement qu’un sorbet à peine sorti du congélateur.
Tout cela est évidemment inconfortable, et à part vivre dans un logement climatisé 24/24, ce qu’on préfère éviter pour ne pas vivre ça tous les étés, il n’y a pas grand-chose à faire.
Quoique…
Au lieu de nous laisser emporter par la gêne, peut-être pouvons-nous l’observer. Diriger notre conscience vers la chaleur qui est plus épaisse que nos vêtements, vers l’air trop chaud pour être inspiré avec plaisir, ou vers l’irritation qui n’attend qu’une étincelle pour exploser.
La pratique pour se réguler
Car la méditation peut vous aider à stabiliser votre humeur, votre sommeil et tout ce que la canicule a déréglé. Encore une fois, ce n’est pas magique, c’est une question de pratique.
La chaleur stresse le corps. Et un corps stressé sécrète du cortisol. Nous en parlions le mois dernier lorsque nous évoquions le lien entre méditation et récupération : la pratique de la pleine conscience réduit le taux de cortisol circulant dans le sang. En activant le système parasympathique qui apaise et rappelle au corps qu’il n’est pas en danger, la méditation a l’effet inverse de la chaleur.
Concernant vos nuits, la pleine conscience peut réellement vous aider en période de canicule. Souvent, quand on a trop chaud, on tourne et on se retourne dans son lit en courant après le sommeil. Or, les programmes MBSR et MBCT, dont je vous parle régulièrement, sont reconnus pour leur efficacité à contrer l’insomnie. Lorsqu’on écoute et que l’on focalise son attention sur sa respiration, en y revenant chaque fois que le cerveau se laisse obnubiler par la chaleur, on augmente factuellement ses chances de s’endormir.
Un autre effet positif de la pleine conscience réside dans la capacité que l’on développe à mettre une distance avec nos émotions et nos pensées. Plus l’on pratique, plus on parvient à ne pas réagir à chaud (c’est le cas de le dire) et à apporter une réponse mesurée à ce qui nous stimule un peu trop.
Rester soudés, même sous 40 °C
La canicule est paradoxale. Elle nous replie sur nous-mêmes tout en nous rappelant que nous partageons tout : le même air, le même ciel, la planète qui se réchauffe…
Pour la plupart, les études sur la pleine conscience montrent que les comportements prosociaux et la compassion envers les autres augmentent au fur et à mesure que notre pratique s’ancre dans notre quotidien. Ce n’est pas un hasard. Lorsque notre mental prend ses distances avec le mode de survie auquel nous sommes tous confrontés à un moment ou un autre, il a plus de place pour regarder ce qui se passe autour. Il pense un peu plus au voisin âgé qui vit seul et ralentit avant de répondre à quelqu’un qui l’agace.
Et puis, petit à petit, quelque chose change également dans les choix que l’on fait, naturellement. Des recherches montrent un lien entre la régularité de la pratique et des comportements plus attentifs à l’environnement. Notamment concernant les transports, l’alimentation ou la consommation. Ce n’est pas que la méditation nous transforme automatiquement en militant écologiste, non. Mais elle affûte la conscience de l’impact que peuvent avoir nos gestes.
Et finalement, la canicule nous rappelle que ce qui se passe à l’extérieur nous concerne tous, tandis que ce qui se passe à l’intérieur dépasse nos frontières personnelles.
Pratiquer quand c’est difficile
Pour terminer ce courrier, j’aimerais vous proposer une pratique pour mieux vivre cette période.
Asseyez-vous ou allongez-vous sur votre canapé, sur votre lit ou sur votre tapis. Vous n’avez pas besoin de conditions parfaites. De toute façon, avec cette chaleur, elles n’arriveront pas.
Commencez par observer le contact de l’air sur votre peau. N’essayez pas de le fuir parce qu’il est chaud, prenez juste le temps de le localiser. Où est-il ? Sur votre nuque ? Les paumes de vos mains ? Votre visage ? Laissez votre attention se poser là où il est, avec curiosité, comme elle se poserait sur la respiration.
Ensuite, respirez lentement. N’essayez pas de modifier votre souffle, observez-le tel qu’il est. Restez là quelques minutes, et lorsque votre cerveau se laisse dissiper par vos pensées, revenez gentiment à votre souffle, sans vous en vouloir, sans vous juger.
En ouvrant les yeux, reprenez une activité calme et notez si des changements sont présents. Si ce n’est pas flagrant, ce n’est pas grave, physiologiquement, vous vous êtes fait du bien.
Tout en espérant que les températures baissent, je vous souhaite un bel été. Et si vous souhaitez intégrer la méditation à votre quotidien, les inscriptions aux programmes MBSR et MBCT de la rentrée sont d’ores et déjà ouvertes, vous retrouverez tous les détails sur le lien suivant.
Je vous remercie chaleureusement (mais pas trop) pour votre lecture.
À très bientôt.


